Salles de sel et halothérapie : est-ce efficace ?
Les murs lumineux de briques de sel rose sont devenus courants dans les spas, les bains coréens et les studios de récupération. Certaines installations sont des salles calmes où une machine diffuse du sel fin dans l’air. D’autres sont simplement des saunas chauds aux murs recouverts de sel. Elles sont vendues avec les mêmes promesses pour la respiration, mais ce n’est pas la même chose.
En bref
L’halothérapie consiste à inhaler de minuscules particules de sel sec, généralement dans une salle où un appareil appelé halogénérateur broie le sel et le diffuse dans l’air. Un sauna au sel de l’Himalaya est différent : une salle chaude aux murs de briques de sel, sans machine diffusant du sel dans l’air. Les preuves en faveur de l’halothérapie sont minces. Une revue des recherches sur la BPCO n’a trouvé qu’un essai randomisé et une revue Cochrane sur les grottes de sel pour l’asthme a jugé les données insuffisantes. Deux petits essais sur l’asthme ont observé un certain effet sur la sensibilité des voies respiratoires, mais aucun sur la fonction pulmonaire. Profitez-en comme d’un espace calme et agréable, sans remplacer vos inhalateurs.
Qu’est-ce que l’halothérapie
L’halothérapie consiste à inhaler du sel sec très fin. L’idée vient de la spéléothérapie, qui consiste à séjourner dans de véritables mines et grottes de sel. Au 19e siècle, Feliks Boczkowski, médecin de la mine de sel de Wieliczka près de Cracovie, a commencé à soigner des patients avec le sel de la mine. L’extraction s’est arrêtée en 1996, mais le site conserve un établissement de santé souterrain, destiné surtout aux personnes ayant des problèmes respiratoires.
L’halothérapie moderne recrée la grotte en surface. Un halogénérateur broie le sel et projette les particules dans une salle où l’on reste assis ou allongé pendant la séance. Selon la théorie, le sel attire l’eau dans la muqueuse des voies respiratoires et fluidifie le mucus. L’American Lung Association indique que l’effet pourrait dépasser le placebo, mais qu’il n’existe pas de résultats suffisamment étayés pour élaborer des recommandations.
Grottes, salles et saunas de sel
Voici ce que peut désigner l’étiquette « sel » :
- Mines et grottes de sel. De véritables salles souterraines, comme à Wieliczka. C’est la spéléothérapie, une tradition ancienne en Europe de l’Est.
- Salles d’halothérapie. Souvent appelées grottes de sel, bien qu’aménagées à l’intérieur. Elles ont des murs de blocs de sel, parfois un sol de sel en vrac, des chaises longues et un halogénérateur.
- Saunas au sel de l’Himalaya. Des saunas chauds aux murs de briques de sel, souvent éclairés par derrière. Sans halogénérateur, on y respire de l’air chaud et sec. Les affirmations selon lesquelles lampes et briques de sel émettent des ions bénéfiques pour la santé ne reposent sur aucune base scientifique.
- Salles de sel dans les bains coréens. Les jjimjilbang comportent généralement plusieurs salles chauffées, dont souvent une salle de sel. On y entre en T-shirt et short fournis par le spa.
Si vous y allez pour la respiration, demandez si la salle possède un halogénérateur. Sinon, considérez-la comme un sauna aux beaux murs. Pour comparer chaleur sèche et humide, lisez sauna ou bain de vapeur.
Qu’est-ce que le sel de l’Himalaya
Malgré son nom, il ne vient pas de l’Himalaya. Il est majoritairement extrait de la Salt Range, dans le Pendjab pakistanais, autour de la mine de Khewra. Des analyses du sel de Khewra montrent qu’il est composé de 96–99% de chlorure de sodium, le même composé que le sel de table. Des traces d’autres minéraux lui donnent sa teinte rose à rouge. Il fait un beau mur, mais aucun bénéfice pour la santé par rapport aux autres sels n’a été démontré.
Les données : BPCO
En 2014, une équipe de chercheurs a examiné l’halothérapie pour la bronchopneumopathie chronique obstructive dans l’International Journal of COPD. Sur 151 articles trouvés, un seul essai contrôlé randomisé répondait à leurs critères, et il mesurait surtout des marqueurs immunitaires dans le sang. Leur conclusion : on ne peut pas recommander l’halothérapie pour la BPCO tant que des études de haute qualité ne sont pas disponibles.
Les données : asthme et autres maladies
- Revue Cochrane sur les grottes de sel pour l’asthme. Elle a trouvé trois essais portant sur 124 enfants, dont un seul de qualité raisonnable. Deux signalaient une amélioration à court terme de la fonction pulmonaire, mais les auteurs estimaient les données insuffisantes pour conclure de manière fiable. Les recherches effectuées jusqu’en 2006 n’ont rien ajouté.
- Adultes asthmatiques, 2006. Dans un petit essai publié dans Allergy, 32 personnes utilisant déjà des corticoïdes inhalés ont séjourné soit dans une salle de sel, soit dans une salle placebo, 40 minutes cinq fois par semaine pendant deux semaines. La sensibilité des voies respiratoires s’est améliorée dans le groupe sel. Le débit expiratoire de pointe et le VEMS (FEV1), une mesure standard de la fonction pulmonaire, n’ont pas changé.
- Enfants avec asthme léger, 2017. Un essai pilote en double aveugle auprès de 55 enfants âgés de 5–13 ans a comparé une salle de sel avec halogénérateur à la même salle sans l’appareil, pendant 14 séances. La sensibilité des voies respiratoires et la qualité de vie se sont améliorées avec le sel, mais pas la spirométrie ni l’inflammation des voies respiratoires. Les auteurs demandaient des essais plus vastes.
- Bronchectasie. Une petite étude avant-après publiée en 2013 n’a constaté aucun changement dans la fonction pulmonaire, la distance de marche ou la qualité de vie après deux mois, bien qu’environ deux tiers des patients aient été satisfaits et aient souhaité recommencer.
Ce dernier point résume une grande partie des études. Les personnes apprécient souvent l’halothérapie et se sentent mieux, mais les changements mesurables de la respiration sont faibles ou absents.
Comment se déroule une séance
Dans une salle d’halothérapie, on reste assis ou allongé dans une lumière tamisée, souvent avec de la musique, pendant que de fines particules de sel flottent dans l’air. Dans un sauna au sel de l’Himalaya, c’est une séance de sauna normale : des passages de 10–15 minutes séparés par des pauses. Circle Wellness sur Granville Island, à Vancouver, maintient par exemple son sauna aux murs de sel autour de 50 °C dans le cadre d’un circuit privé comprenant un bain froid.
Qui doit faire attention
- Asthme. Chez certaines personnes asthmatiques, inhaler du sel concentré peut resserrer les voies respiratoires. Les laboratoires qui utilisent des brouillards salés pour les tests donnent d’abord un inhalateur de secours aux patients. Prenez le vôtre, n’arrêtez jamais vos traitements habituels et sortez si vous commencez à avoir une respiration sifflante.
- Autres maladies pulmonaires. Parlez à votre médecin avant d’essayer l’halothérapie en cas de BPCO, de bronchectasie ou de mucoviscidose. L’American Lung Association conseille également d’en discuter d’abord avec votre médecin.
- Infections et fièvre. Restez chez vous. L’American Lung Association avertit aussi que les salles de sel chaudes et mal entretenues pourraient favoriser les bactéries. Choisissez un établissement propre et bien géré.
- Saunas de sel chauds. Les règles habituelles du sauna s’appliquent : consultez un médecin si vous êtes enceinte, avez une maladie cardiaque ou prenez des médicaments pour la tension, et évitez après avoir bu de l’alcool.
- Enfants. Demandez d’abord au médecin de votre enfant, surtout s’il est asthmatique.
Ce guide fournit des informations générales et ne constitue pas un avis médical.
Où trouver un sauna de sel
Find My Sauna répertorie 133 établissements avec un sauna au sel de l’Himalaya ou une salle de sel. Voici les villes qui en comptent le plus :
Yu Spa
San Diego · Spa coréen avec sauna de sel
AetherHaus
Vancouver · Sauna de sel avec Aufguss
Cedar & Steam South
Calgary · Sauna de sel et bain de vapeur
Questions fréquentes
L’halothérapie fonctionne-t-elle vraiment ?
Les données sont faibles. De petits essais suggèrent qu’elle pourrait réduire la sensibilité des voies respiratoires chez certaines personnes asthmatiques, mais aucune amélioration de la fonction pulmonaire n’a été démontrée et il n’existe pas de preuve solide pour la BPCO.
Un sauna au sel de l’Himalaya est-il la même chose que l’halothérapie ?
Non. Un sauna de sel est une salle chaude avec des murs de sel. L’halothérapie utilise une machine pour diffuser du sel fin dans l’air que vous respirez.
Une salle de sel est-elle bonne pour l’asthme ?
Elle pourrait aider un peu la sensibilité des voies respiratoires, mais aussi déclencher des symptômes chez certaines personnes. Prenez votre inhalateur de secours et poursuivez vos traitements habituels.
Combien de temps dure une séance dans une salle de sel ?
Cela varie selon l’établissement. Dans un essai sur des adultes asthmatiques, les séances duraient 40 minutes. Dans un sauna de sel chaud, faites des passages habituels de 10–15 minutes.
Les lampes au sel de l’Himalaya émettent-elles des ions bons pour la santé ?
Ces affirmations n’ont aucune base scientifique. Une lampe de sel est une lumière placée dans un bloc de sel évidé.